Une réflexion d’ordre philosophique sur les jeux

Peut-on parler de philosophie des jeux, ou bien doit-on dissocier ces deux disciplines que tout semble opposer ? Personne n’a encore été assez téméraire pour se lancer dans ce vaste sujet semé d’embuches. Il faut dire que le domaine des jeux est lui aussi extrêmement vaste : les jeux de société, les jeux vidéo, les jeux de casino, ont tous leurs caractéristiques propres. Voyons ensemble quelles sont les théories que nous pouvons mettre en évidence ainsi que les concepts philosophique qui ressortent des jeux.

Les jeux véritablement encrés dans la société

Faire la distinction entre jeux de société, jeux vidéo et jeux de casino n’est pas nécessaire car le jeu au sens premier du terme a toujours été encré dans notre société. Les théories philosophiques et sociologies du jeu ont déjà largement été traitées, même si les hypothèses des penseurs s’opposent souvent sur la question. Parmi les deux thèmes principaux qui pourraient nous pousser à entamer une réflexion par rapport aux jeux, il y a bien évidemment l’ensemble des aspects politiques que bon nombre d’entre eux dissimulent mais aussi et surtout le malaise de certains pratiquants du jeu qui n’arrivent pas à distinguer la vie virtuelle de la vie réelle. C’est principalement sur le deuxième sujet que nous nous intéresserons.

Être un joueur, est-ce être un « no life » ?

Le terme « no life » désigne quelqu’un qui n’a pas de vie. Dans le jargon, il s’agit d’une personne qui consacre la majeure partie de son temps à jouer, et ce au détriment d’autres activités. Cette forme de dépendance a inévitablement des conséquences dans les relations socio-sentimentales de l’individu. Or, ce n’est pas parce que vous aimez les jeux vidéo ou les jeux de hasard sur internet que vous êtes cyberdépendant. Pour le devenir, il faut plonger dans l’irrationalité, perdre la maîtrise de sa raison, et oublier l’importance qu’occupent l’éducation et le travail dans notre vie d’homme ou de femme. Les causes de la cyberdépendance sont nombreuses et variées mais elles sont en général dues à un malaise social et un certain désaveu devant les responsabilités modernes. Les personnes les plus fragiles telles que les adolescents ont du mal à supporter le poids qu’on leur impose et finissent pas s’isoler. Les jeux sont alors une échappatoire et le moyen de matérialiser leurs envies et humeurs.

Les causes de l’addiction aux jeux

On parle de dépendance aussi bien dans le cadre des jeux vidéo que des jeux de casino, ou le problème pathologique peut être encore plus accentué par la notion d’argent, qui devance celle de la simple distraction. Afin d’expliquer les raisons de ce phénomène qui nécessite souvent un soutien médical voire mental, nous avons répertorié les possibles causes de l’addiction aux jeux :

  • L'ennui : A défaut de trouver mieux, l’individu se focalise sur les jeux.
  • Le besoin : L’individu éprouve le besoin de jouer car cela lui permet de combler un vide émotionnel. Cela lui permet aussi de se sentir exister à l’heure où il n’a pas l’estime d’autrui.
  • L‘envie : Du jeu résulte une envie qui nait chez le joueur. C’est l’envie de se séparer de son quotidien par exemple, ou un moyen de combattre une addiction plus nocive ou douloureuse telle que la consommation de drogues ou une sexualité douteuse.
  • La fierté : Via le jeu, l’utilisateur peut se vanter de ses performances, peut afficher sa progression virtuelle par l’intermédiaire de titres, de bonus ou de points.
  • Les récompenses : Certains jeux vidéo établissent volontairement une dépendance par l’intermédiaire d’une compétition qui entraîne une envie d’être reconnu socialement. L’accroissement du niveau de difficulté, du temps de jeu ou le perfectionnement d’un objet voire la complétion d’un objectif sont des déclencheurs de l’addiction.
  • L’aliénation : Pour de nombreux psychologues, il peut y avoir un transfert entre l’internaute en chair et en os et son avatar. Cette forme d’interdépendance est un réel danger en termes de personnalité. A noter que le virtuel permet de favoriser le narcissisme. L’avatar devient un moyen d’être reconnu et apprécié par les autres.

Dans certains cas plus complexes tels que les jeux de casino en ligne, l’addiction est favorisée par des enjeux pécuniaires. L’argent est pour beaucoup d’experts un moteur du mal.